C'est Fini
C'est Fini
C'est Finiiiiii
Pour une fois que je termine un truc. Oulala. En plus c'était pas gagné, vu comme je suis dans une autre dimension aujourd'hui, comme si le temps s'était replié sur lui même, un peu, et que j'avais un pied dans le futur, et l'autre pied dans une merde de dinosaure.
Mais vous vous en foutez, qu'est ce que je raconte moi.
De près c'est quand même crade, j'arrive pas à faire du lavis propre, faudra que je m’exerce.
C'était surtout pas gagné, vu l'état dans lequel il était avant hier, couvert de gesso-mousse à raser. Bien sûr la leçon à tirer, c'est qu'une bonne sculpture est primordiale, et que je suis encore loin de faire autre chose que de l'a peu près. Exemple j'ai pas pris le temps de géométriser le flingue. J'en avais juste ma claque. La perfection c'est bien, mais à quel prix. Le prix d'un cerveau qui coule par les oreilles, les yeux secs et des doigts qui tremblent.
Je tiens à conserver ma dignité corporelle, non mais.
Putain quel labeur en tout cas. Ca fait tout drôle, de se rappeler du tout début, un bout de fil de fer, un peu de pâte. "bon, j'le fais comme ci, ou comme ça ?".... " Allez, comme si. Euh, oui mais en dessous, y'aura quoi ? J'sais pas. On verra."... " Il tiens son flingue, ou bien il se gratte le nez ?" "Oui allez, il tiens son flingue. On pète les bras et on r'commence"....
Ah et pis j'ai pas mis le "cadavre" finalement. Même si une trainée de rouge aurait rendu magnifique au milieu du noir (à en croire la bible des lois de la couleur), et souligné l'impassibilité du personnage. Car là après tout on peut se dire "Même pas vrai qu'il va tirer, c'est que du bluff". Alors que si, devant lui, il n'y a déjà plus que de la fumée.
De toute façon c'est pas lui qu'a commencé. On l'a embêté. Il a la tête du bon p'ti gars, alors classique... on l'emmerde. Mais lui il dit non, enfin non, il dit rien mais en disant rien il dit non. C'est sa main qui dit non. Et après, y'a de la fumée. Et on dit Ah ouais, quand même. Et lui il continue, comme si c'était déjà du passé. Il souffle même pas sur son flingue comme Clint Autistwood, non, il s'en fou. Il avance, Killy, il perd pas de temps.